De Cannes aux combats pour l'Iran : hommage à Marjane Satrapi, l'autrice de "Persepolis"!!

Salut à tous les amoureux de l'high-tech,
L’annonce a bouleversé le monde de la culture et du militantisme en ce jeudi 4 juin 2026. L’artiste, dessinatrice et réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi, autrice du chef-d’œuvre mondialement connu Persepolis, est décédée subitement à l’âge de 56 ans.
D'après un communiqué transmis à l'AFP par son entourage, l'artiste se serait « éteinte de tristesse », un peu plus d'un an après la disparition de Mattias Ripa, son mari et l'amour de sa vie, décédé le 8 avril 2025 à l'âge de 53 ans. Sur ses réseaux sociaux, elle avait partagé son immense chagrin à travers le message déchirant : « I Lost the love of my life ».
De Téhéran à la consécration mondiale de "Persepolis"
Née en 1969 à Racht en Iran, Marjane Satrapi quitte son pays natal en 1984, fuyant la révolution des mollahs. Elle s'installe définitivement en France en 1994, étudiant d'abord aux Arts décoratifs de Strasbourg avant de rejoindre à Paris le célèbre Atelier des Vosges aux côtés de grands noms de la bande dessinée comme Joann Sfar ou Christophe Blain. Elle sera naturalisée française en 2006.
C’est au début des années 2000 qu'elle signe son coup d'éclat avec sa saga autobiographique en noir et blanc, Persepolis. En racontant son enfance à Téhéran sous la Révolution islamique, l’œuvre bouleverse plus de 2 millions de lecteurs à travers le globe.
2001 : Le premier volet est primé au festival de BD d'Angoulême.
2007 : Elle adapte l'album en film d'animation avec Vincent Paronnaud. Le long-métrage décroche le Prix du jury au Festival de Cannes avant d'être nommé aux Oscars l'année suivante.
Son talent est de nouveau récompensé en 2005 à Angoulême pour l’album Poulet aux Prunes, qu’elle portera également à l'écran en 2011. En octobre 2024, elle recevait le prestigieux Prix Princesse des Asturies en Espagne.
Une voix indomptable pour la liberté des femmes iraniennes
Au-delà de son art, Marjane Satrapi s'est imposée comme une adversaire acharnée et infatigable du régime de Téhéran. Elle mettait constamment sa notoriété au service de la jeunesse et des femmes iraniennes.
En 2023, en plein cœur de la vague de protestations déclenchée par la mort de la jeune Mahsa Amini, elle orchestre la publication du roman graphique collectif Femme Vie Liberté pour soutenir le soulèvement populaire contre la dictature religieuse.
Fidèle à ses convictions et droite dans ses bottes, elle avait fait grand bruit en refusant la Légion d'honneur française en 2025. Par ce geste fort, elle entendait dénoncer « l’attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l'Iran », pointant du doigt l'octroi de visas aux enfants d'oligarques du régime pendant que les jeunes dissidents, artistes et opposants iraniens se heurtaient aux frontières closes. « Le refus de la Légion d'honneur n'est en aucun cas une action ou une pensée contre la France. Bien au contraire, j'aime profondément ce pays qui est le mien », avait-elle alors tenu à préciser.
L'avis du blog :
La culture perd aujourd'hui une conteuse hors pair et une combattante de la liberté dont le courage continuera d'inspirer les générations futures, en France comme en Iran. Sa plume et ses dessins engagés resteront à jamais gravés dans l'histoire du neuvième art.
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